Désolée si les interviews ne sont pas récents
mais ça vaut toujours le coup d'les lire =P.
Le groupe actuellement le plus célèbre d'Allemagne était à Paris pour un concert au Bataclan devant ses fans français. Bien entendu, nous étions embusqués en coulisses, prêts à bondir vers leurs loges dès que Bill, Tom, Gustav et Georg tendraient une oreille. Ils ont fini par débarquer, un Coca à la main et le sourire aux lèvres...
" Schrei est un cri de libération de l'oppression scolaire ! " Bill
Comment ça va avant un show ? Un peu tendus ?
Bill : Un peu nerveux, ça commence à monter. C'est notre deuxième concert en France et on va rencontrer les fans. Alors c'est normal : on est super heureux et un peu nerveux.
Dehors, il y a des centaines de filles habillées en noir. Tu as prévu de relancer la mode punko-gothique ?
Bill : C'est cool ! J'ai toujours espéré qu'il y aurait plein de petits Bill devant moi qui se retrouveraient dans mon look. Je fais ce que j'ai envie et j'espère que mes fans le font aussi de leur plein gré. Je ne veux pas les influencer ni leur imposer quoi que ce soit.
Et toi ? Tu as plus été influencé par Boy George, Marilyn Manson, Queen ou Kiss pour ton look ?
Bill : Je connais tous ces artistes et je les admire, mais je sais trop jeune pour qu'ils m'aient influencé. En fait, je me maquille comme ça depuis l'âge de 10 ans. Ca a commencé lors d'une soirée Halloween où je me grimé et maquillé. J'ai tellement aimé le résultat que j'ai continué à le faire tous les jours qui ont suivis. Depuis, j'en ai pris l'habitude. Ca a juste été un peu difficile à accepter par mes profs, au collège. Mais ils ont fini par l'accepter. Les autres membres du groupe m'ont connu comme ça.
Dans votre premier album, Schrei, vous avez des titres très différents : du rock dur à la ballade. Dans quoi vous sentez-vous le plus à l'aise ?
Tom : On s'identifie à tout. Notre album est très complet, très riche, très varié. On se sent mieux avec l'un ou l'autre selon le moment. C'est une musique pour chaque moment de la vie.
Tom fait les musiques, Bill les paroles. Gustav et Georg, qu'apportez-vous ?
Gustav : Le petit plus, pendant les arrangements : le coup de guitare, le roulement de batterie... La musique naît dans une mise en commun quand on est en studio. On essaie des choses et c'est comme ça que les chansons naissent.
" Cette bande de jeunes Allemands très doués lance un véritable appel à la révolte ! " Reporter
Bill chante avec une voix très haute. Quand il va muer, vous aller changer de style ?
Bill : On a commencé à enregistrer l'album quand j'avais 13 ou 14 ans et, le temps que le premier single sorte, j'avais déjà mué et on a ré-enregistré certains titres avec ma voix plus grave. L'album que vous avez est déjà plus grave que l'original. Donc, même sur le deuxième album, notre style ne changera pas.
Il est déjà prêt ce deuxième album ?
Bill : Pas encore. Il va probablement sortir début 2007 en Allemagne et plus tard en France.
Vous connaissez un succès fulgurant. Comment ça se vit ?
Bill : Ca a toujours été notre grand rêve de pouvoir être célèbres, et surtout de pouvoir jouer de la musique pendant très longtemps. On est très fiers que ça marche dans tant de pays... et surtout en allemand !
Justement, je n'ai rien compris. De quoi parlez-vous dans votre album ?
Bill : Pour la plupart des chansons, du vécu ou des questions qu'on se pose tous : le divorce, la vie après la mort, la déception amoureuse... Il y a aussi Rette Mich [ ça veut dire sauve moi ], qui parle de notre impuissance face à la vie. Dans cette chanson, je parle des sentiments que j'ai déjà éprouvés. Je suppose que les filles de Magdebourg [ la ville d'où l'on vient ] que j'ai connues vont se sentir concernées. Mais je ne vise personne en particulier.
Les filles vous trouvent rebelles. Vous cultivez cette image ?
Georg : On n'est pas si rebelles, on est simplement des jeunes qui voulons dire ce que nous pensons ! Il faut juste ne pas se laisser marcher sur les pieds et le dire honnêtement quand quelque chose ne nous convient pas.
" Crie, ne laisse pas les gens te dire ce que tu as à faire et penser à ta place. " C'est pas de la rébellion ?
Tom : Une certaine rébellion, c'est vrai. Ce qu'on veut dire, c'est qu'il est important de toujours dire ce que l'on pense. C'est ce que nous avons toujours fait. Ca nous a posé quelques problèmes, notamment à l'école. Mais il faut se libérer comme on le dit.
Bill : Schrei est un cri de libération de l'oppression scolaire !
Tom : Bill et moi, on a quelques problèmes à l'école à cause de nos différences. On nous reprochait nos personnalités bien affirmées.
Bill : Ce qu'on attend des jeunes, c'est de se conformer aux normes. Quand on ets différents, quand on ne s'habille pas comme les autres, on a souvent des problèmes avec les profs.
Maintenant, vous allez pouvoir vous exprimer plus librement ?
Bill : J'ai l'impression d'avoir pris le pouvoir, d'avoir la possibilité de dire enfin les choses que j'ai sur le coeur et d'aider les gens qui pensent comme nous. C'est cool d'être entendus... On a enfin l'impression d'exister !
Koi de 9 ?
Pour les deux concerts à Paris et Lyon, c'était de l'hystérie. Du jamais vu depuis les boys bands des années 90. On a vu les filles se battre pour avoir leur serviette de bain, hurler, et chanter à pleins poumons en allemand ! Vivement qu'ils reviennent...